Sortir de nos peurs de mère

« Et sachez que vos biens et vos enfants ne sont qu’une épreuve et qu’auprès d’Allah il y a une énorme récompense. » [Coran 8/28]

Que la paix soit sur vous mes chères lectrices engagées,

Je ne sais pas pour vous mais tout est fait pour nous faire peur. Lorsque nous allumons la télé, les médias décrivent souvent les jeunes comme des êtres excentriques se rebellant contre la société. Ils les perçoivent comme s’ils venaient d’un autre monde. Cette perception élargit le fossé existant entre les jeunes et les parents. Le jeune a l’impression d’être en guerre contre sa famille et la société dans laquelle il vit. Il a souvent le sentiment qu’il doit impérativement gagner cette guerre. Pourtant, le jeune fait partie de notre société. Il possède de la bonté et de l’innocence.

J’ai envie dans cet article que nous prenions le temps de mieux comprendre d’où viennent nos peurs et comment y faire face pour accompagner nos enfants dans la joie et l’encouragement. Vous pouvez relire mon article sur l’adolescence n’existe pas pour un autre regard sur nos enfants devenu jeune adulte. Bonne lecture 🙂

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Pour commencer, une parole de jeune

Lors de la formation « Devenir meilleure », je demande aux filles « De quoi avez-vous le plus peur pour la nouvelle génération, que vous ayez des enfants ou pas  ? Voici la réponse d’une étudiante de 19 ans :

« Comme beaucoup, je me rends compte que le monde dans lequel nous vivons va de plus en plus mal. A chaque fois que j’ouvre le journal, je découvre des histoires qui parfois, relèvent de la fiction. Au milieu de tout ça, j’ai peur et je suis triste. Peur de voir le nom d’un de mes proches dans ses nouvelles, triste parce que même si ce ne sont pas des gens que je connais personnellement qui vivent ces misères, ils sont mes frères et sœurs, dans la religion, et dans l’humanité. » (Vous pouvez lire tout le témoignage dans la rubrique du même nom et voir les actions qu’elle a décidé de mettre en place pour sortir de ses peurs).

Lire pour comprendre

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Aujourd’hui, les changements de société bousculent tous les domaines : politique, économique, technique, éthique, sans parler des découvertes des neurosciences ou des enjeux bioéthiques. Notre époque est aussi marquée par de profondes évolutions des mœurs : si la famille reste une valeur reconnue comme essentielle pour beaucoup, son visage a lui aussi changé. L’envie est aussi plus forte d’intégrer les besoins de l’enfant dans les pratiques éducatives et beaucoup d’adultes ont à cœur d’aider les jeunes à développer une bonne estime d’eux-mêmes. Cependant, les méthodes utilisées jusqu’ici ne sont pas efficaces et n’ont pas suivi le rythme imposé par les changements de société. Ainsi, les attitudes de contrôle, de laisser faire et de surprotection restent très présentes dans notre système éducatif. Lorsqu’ils sont prisonniers de ces façons de faire, les parents incitent les enfants à penser que tout leur est dû et que leur bien-être est de la responsabilité de l’adulte.
C’est une difficulté qui oppose le souci de prendre soin des besoins des enfants et le risque, avec nos méthodes inadaptées, de les rendre dépendants. Ce paradoxe est illustré dans le domaine scolaire : les devoirs et les notes ont pris une importance démesurée engendrant stress, conflits et rébellion.

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Quel message reçoivent les jeunes lorsque nous clamons haut et fort l’importance que nous accordons à leur épanouissement et leur bien-être et qu’au même moment, nous contrôlons chaque étape de leurs apprentissages scolaires et sociaux, à grand renfort de séduction, de récompense ou de punition ? Il y a de quoi provoquer une certaine confusion dans leur esprit, confusion peu propice à développer leur sentiment d’être capables. [p405-406 du livre la Discipline positive pour les adolescents]

Définir nos inquiétudes : De quoi avez-vous peur ?

Quel parent de jeune ne s’est pas inquiété à l’idée que son enfant puisse s’engager dans des conduites à risques ? Peur de l’isolement social, de la mauvaise influence des pairs, du harcèlement, des consommations de drogue et autres conduites addictives, des relations hors mariages avec des grossesses non désirées et maladies sexuellement transmissibles, des autos-mutilation (les coupures ou scarifications), le suicide, les troubles alimentaire, les difficultés à quitter le nid familial. Les conduites à risques rassemblent un répertoire de comportements très différents les uns des autres avec une mise en danger du jeune plus ou moins grande. La majorité des jeunes resteront au stade de l’expérimentation, mais d’autres s’engageront dans des conduites à risques à répétitions. Mes chères sœurs nous n’avons pas toujours le contrôle des situations et des facteurs extérieurs. Mais nous restons libres de choisir l’attitude que nous voulons adopter. Chaque situation, même parmi la plus difficiles, offre des occasions de grandir dès lors que l’on se souvient que rien n’est figé. De plus nous avons tendance à considérer les problèmes de nos jeunes comme démesurés car nous sommes proches d’eux. De nombreux parents estiment que les enfants des autres ont un meilleur comportement que les leurs. Ils pensent cela car ils voient leurs enfants de près et ceux des autres de loin. S’ils se rapprochaient un peu des autres enfants, ils changeraient rapidement d’avis. Mais je reviendrai sur ces comportements plus en détails dans un prochain article, si Dieu me le permet. Revenons à notre sujet LA PEUR 😉

Souvenir

Vous souvenez-vous du temps où votre enfant faisait ses premiers pas et apprenait à marcher ? Comment oublier un événement d’une telle importance. Devenu un jeune adulte, cet enfant qui provoquait votre émoi à l’heure de ses premiers pas, fait naitre chez certains parents aujourd’hui des questions d’une tout autre nature « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Qui est cette personne que je ne reconnais plus ? Que s’est-il passé ? Qu’est-ce que je fais maintenant ? Face aux difficultés, la tentation est grande de renforcer le contrôle par le biais de la punition et des récompenses. On peut aussi être tenté de se décourager dans son rôle de parent, de se juger incompétent dans l’accompagnement de notre jeune.

Si nous choisissons de gâter nos enfants et de les surprotéger en aplanissant au mieux les difficultés de leur route, ils pourront à leur jeunesse ne pas se montrer très enthousiastes à l’idée de prendre davantage de responsabilités. Habitués à ce que l’on agisse pour eux, peut être seront-ils persuadés que rien n’est de leur faute et que la responsabilité reste exclusivement celle du parent ? Sentiment d’incapacité, paresse, peur de ne pas savoir ou d’être ridicule, peur aussi du poids des responsabilités, autant de facteurs qui pourront expliquer la force de conviction qu’ils déploieront pour nous persuader de ne rien changer ou la colère qu’ils nous réserveront quand tout à coup nous les rendrons responsables de leur comportement. [La discipline positive pour les adolescents p9-11]

J’ai peur de …

Que repoussons nous par peur ? (Prenez le temps de répondre à cette question et de la noter c’est important). En général, ce que nous avons le plus peur de faire est ce que nous avons le plus besoin de faire.

C’est souvent la peur qui nous pousse dans le contrôle ou la permissivité : peur de faire nous-mêmes des erreurs, peur que nos jeunes fassent les mauvais choix ou commettent des erreurs irréparables, peur que leurs résultats ne soient pas à la hauteur de nos attentes, peur que la relation se distende.

La crainte du « qu’en dira-t-on » peut également nous détourner de faire les choix qui pourtant seraient les plus éducatifs sur le long terme et nous empêchent de laisser les jeunes apprendre de leurs erreurs. Même si ces diverses attitudes sont dictées par ce que nous percevons comme de « bonnes intentions », elles produisent l’effet inverse de ce que nous espérons. Que ces attitudes parentales contribuent à donner au jeune le sentiment de ne pas être capable et met à risque la communication qu’ils ont avec leurs parents. [La discipline positive pour les adolescents, p405-407]

Stop, arrêtez de courir et pensez à votre épanouissement

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Si on demande aux parents « êtes-vous attentives aux besoins de votre jeune adulte ? » la probabilité est forte qu’ils répondent « mais bien sur » (alors que leurs faits et gestes indiquent parfois le contraire).
Qu’en est-il de l’attention qu’ils portent à leurs propres besoins ? Peut-être pensent-ils les satisfaire, ou au contraire ne réalisent-ils pas qu’ils sont en droit d’avoir leur propre espace, sans nécessairement dédier tout leur temps et toutes leurs actions à leurs jeunes. Etre attentif à soi-même implique que l’on prenne en compte ses propres besoins autant que ceux de ses jeunes.

Lorsque nous sommes guidés par nos craintes de parents nos actions peuvent manquer de constance, et engendrer de l’instabilité, une sorte de danse préjudiciable à la relation éducative, et qui nous éloigne d’une ligne de conduite à la fois ferme et bienveillante. Cette danse nous tient à distance non seulement d’un accompagnement efficace de nos jeunes, mais aussi du respect que nous devrions avoir pour notre capital éducatif et nos propres convictions. Le résultat est une alternance d’actions éducatives qui vont du contrôle à la permissivité. Etre un parent ancré dans la fermeté et la bienveillance, c’est comprendre que notre individualité se conjugue avec celle de nos jeunes, et que nous pouvons être attentifs à notre propre épanouissement, sans pour autant négliger celui de nos enfants.

Etre en paix avec sa propre adolescence est bénéfique non seulement pour soi mais aussi pour la qualité de relation que l’on développe avec son enfant, une relation dans laquelle il est plus facile de trouver la juste distance.
Qu’on se le dise la peur avance sous de multiples visages et nous l’appelons rarement par son nom. C’est que la peur fait plutôt peur. Il est important de définir nos peurs pour les dompter car si nous parents, nous venons à amplifier les inquiétudes de nos jeunes en y ajoutant nos propres craintes, comment nos jeunes oseront-ils poursuivre leur route vers demain avec une attitude confiante et proactive.

Quand la jeunesse de nos enfants ravive les enjeux non résolus de la nôtre

La jeunesse de nos enfants ravive bien souvent des enjeux non résolus de notre propre jeunesse. Tout ce qui n’a pas fonctionné lorsque nous étions jeunes est tapi dans l’ombre de notre inconscient, attendant l’occasion d’une deuxième chance. Même si ces problématiques nous semblent enfouies, elles ont une influence sur la manière dont nous abordons cette période de la vie de nos enfants. Elles peuvent non seulement entraver notre aptitude à vivre pleinement notre vie d’adulte, mais plus encore, elles peuvent constituer de véritables freins dans la relation que nous avons avec notre jeune.
La jeunesse de nos enfants est une opportunité de revisiter la nôtre, et par là même, de dénouer ce qui reste encore non résolu. Les bénéfices de cette démarche sont immenses. L’accompagnement de parent que nous pourrons offrir à nos jeunes sera plus efficace, et nous pourrons éprouver davantage de compréhension et de compassion pour eux comme pour nous-même.

Etre témoin des problématiques de nos jeunes est souvent l’occasion d’identifier les enjeux sur lesquels nous avons encore besoin de travailler : le pouvoir, la représentation de nous-même, l’image du corps, les relations amoureuses, les amitiés, les relations avec nos propres parents, l’indépendance.


Entrainez-vous : je vous offre une courte réflexion pour vous aider à identifier les problématiques non résolues de votre jeunesse ici

[contact-form-7 id= »697″ title= »Courte reflexion sur ma jeunesse »]

Propositions d’actions 🙂

  1. Lorsque je demande aux collégiennes et lycéennes de s’exprimer sur les actions à mener pour mieux vivre, elles me répondent en grande majorité « de renforcer leur connaissance en terme d’éducation islamique » alors si je devais commencer par une proposition c’est de revenir au fondamentaux de la foi, ne par leur imposer la prière mais ancrer l’amour de Dieu dans leur cœur pour que prier devient une source vital pour nos jeunes qui en ont besoin.
  2. Passez le relais : Entourez-vous d’adultes qui soutiennent la même approche, parfois les jeunes sont plus réceptifs quand les messages proviennent d’une tierce personne. (Pour mon soutien rdv à la rubrique « Ateliers… »)
  3. Oser choisir une attitude parentale ferme et bienveillante : Ce choix demande du courage parce qu’il implique de lâcher-prise et de permettre aux jeunes de faire des erreurs dans une atmosphère encourageante. Lâcher prise n’est pas synonyme de permissivité mais s’apparente à un partage du contrôle dans un esprit de co-construction. Se respecter et partager ce qui nous semble important pour nous, vivre notre vie, faciliter l’envol de notre jeune.
  4. Prenez le temps d’apprendre et d’enseigner les compétences socio émotionnelles à vos jeunes afin qu’ils puissent développer leur autonomie. Je vous invite à lire le livre « La discipline positive pour les adolescents ». C’est vrai qu’il est bien facile de critiquer nos jeunes ou de les secourir à chaque fois que c’est nécessaire, mais demandons-nous si c’est dans leur avantage. Que fera-t-il demain si nous quittons ce monde ? (un article sur les compétences socio-émotionnelles est prévu si Dieu me le permet 😉
  5. Communiquez plus en posant un regard nouveau rempli de miséricorde et pardonner, pardonner, pardonner. NE VOUS JUGEZ PAS !
  6. Faite confiance dans les capacités des jeunes, en ayant la conviction qu’ils peuvent apprendre, à condition que nous leur donnions le soutien et l’espace suffisant pour le faire. La jeunesse de nos enfants est aussi une belle période d’apprentissage pour tous, source de joie et d’ouverture en confiance vers demain (moi je leurs remercie pour tous les conseils qu’elles me donnent et qui font de moi une autre femme chaque jour) Savoir observer cette recherche identitaire qui mène en quelques années à l’âge adulte peut apaiser nos inquiétudes de parents et nous invite à profiter davantage de notre enfant. Les comportements des jeunes ne sont en rien le reflet du parent que nous sommes ou des adultes qu’ils seront.
  7. Tenir notre engagement : éduquer des enfants est un art qui demande un véritable engagement de notre part. Le secret de cet art réside dans l’entrainement et dans notre totale remise en Confiance en ALLAH. Il est réjouissant de se dire que plus nous nous entraînons à inscrire le respect mutuel au cœur de la relation avec nos jeunes, plus nous progressons avec eux dans la qualité de notre rapport à l’autre.
  8. COMMENCEZ TÔT et si vous avez déjà des jeunes adultes ne culpabilisez pas et commencez maintenant et ne perdez jamais espoir.

Un petit récit : Comment la mère de Moise (paix sur lui) a fait face à ses peurs

« Et Nous révélâmes à la mère de Moïse [ceci]: «Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n’aie pas peur et ne t’attriste pas: Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager». Et le cœur de la mère de Moïse devint vide. Peu s’en fallut qu’elle ne divulguât tout, si Nous n’avions pas renforcé son cœur pour qu’elle restât du nombre des croyants. Elle dit à sa sœur(3): «Suis-le» elle l’aperçut alors de loin sans qu’ils ne s’en rendent compte. Nous lui avions interdit auparavant (le sein) des nourrices. Elle (la sœur de Moïse) dit donc: «Voulez-vous que je vous indique les gens d’une maison qui s’en chargeront pour vous tout en étant bienveillants à son égard?»… Ainsi Nous le rendîmes à sa mère, afin que son œil se réjouisse, qu’elle ne s’affligeât pas et qu’elle sût que la promesse d’Allah est vraie. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. » [Coran Le récit 28/7-13]

Je vous invite à lire cette sourate en entier, Dieu renforce le cœur du croyant par cette Sourate Al Qasas –Le récit autour de l’histoire de Moise, remettre notre confiance en Allah est la clef de la confiance en soi. Alors ne désespérons jamais de sa Miséricorde et Puissance et invoquons-Le.

« Et n’invoque nulle autre divinité avec Allah. Point de divinité à part Lui. Tout doit périr, sauf Son Visage(15). A Lui appartient le jugement; et vers Lui vous serez ramenés. » [Coran28 /88]I

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Infos plus : je vous donne rdv ce dimanche 26 mars à Grigny avec l’association jeunes Charité de France pour un échanger sur « Je veux être heureuse » Public féminin (en savoir plus rdv à la rubrique Ateliers)


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Mariama Ozturk est une femme engagée dans l'éducation de la future génération par l'accompagnement des jeunes filles et la formation des parents et professionnels travaillant avec les jeunes.
Déterminée à inspirer les femmes à entreprendre librement leur éducation, elle partage son savoir-faire et savoir-être sur son blog Ansariya. Vous pouvez également retrouver ses conseils pour les Mumpreneurs sur AKBusiness !

2 commentaires sur “Sortir de nos peurs de mère”

  1. Salam Aleiki Mariama , très bon article , tout est dit j’ai trouvée tes conseils vraiment utile et j’attends aec ilpatience le prchain article

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