Harcèlement, comprendre pour mieux agir!

Halte à la violence

Ce n’est pas toujours facile pour nos jeunes d’apprendre à canaliser sa violence, surtout quand l’on voit beaucoup de violences dans les médias. Certains s’y habituent tellement qu’ils la banalisent complètement. Pour eux la violence devient un moyen de communication comme un autre. Ils n’ont aucun remords à provoquer une bagarre ou une agression. Le phénomène du happy slapping à révélé que certains jeunes se réjouissent de filmer des scènes violentes et de les regarder en boucle! Ils s’amusent de scènes monstrueuses! Dans cet article je partage avec vous, ce qu’est le harcèlement. Comprendre les victimes, pourquoi les enfants sont ils agressifs? Je vous offre 8 conseils pour aider les jeunes dont 4 astuces pour faire face aux rackets. Bonne lecture en paix 🌱 😊

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Ce qu’est le harcèlement

Le harcèlement est un enchaînement d’agissements hostiles à répétition visant à affaiblir psychologiquement l’individu qui en est la victime. Ce type de comportement peut être habituel et impliquer le statut social et physique.

Harceler une personne consiste à la tourmenter avec obstination par des critiques, des moqueries répétées, des intimidations ou du chantage. Ainsi le harcèlement ne se traduit pas toujours par des actes violents identifiables (coups et blessures) mais bien souvent par des petites violences quotidiennes. Le harcèlement peut s’exercer en personne ou via internet.

Certaines situations sont plus préoccupantes que d’autres et doivent être prises avec le plus grand sérieux : c’est le cas du harcèlement qui peut déstabiliser une personne, la fragiliser, voire la détruire totalement. Voici le lien du témoignage de Kiara harcelée dans son école.

https://www.francetvinfo.fr/societe/education/harcelement-a-l-ecole/harcelement-scolaire-kiara-retrace-son-histoire-sur-un-page-facebook_2391988.html

Comprendre les victimes 

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Vivre sous la peur : Souvent la victime a peur d’ouvrir la bouche , parce qu’elle craint les représailles. Alors elle se tait, elle vit dans la peur, prise dans une situation angoissante puisqu’elle doit sans cesse satisfaire ses agresseurs (dans le cas de racket). Elle peut être forcée à voler, et le plus terrible, c’est qu’elle ne sait jamais comment toute cette histoire va finir.

Vivre sous la honte : La victime a honte, elle pense que si on l’harcèle c’est parce qu’elle est faible et qu’elle n’a pas le courage de se défendre. C’est faux : le harcèlement peut arriver à n’importe qui, même à des personnes fortes en apparence, aux filles comme aux garçons. Il est très difficile de se défendre quand on est agressé, même verbalement.

Pourquoi l’enfant devient-il agressif?

Le pourcentage d’individus agressifs varie sensiblement en fonction de l’environnement dans lequel les enfants évoluent. L’enfant assimile souvent le comportement agressif appris à l’école au contact de ses camarades, de ses amis et de ses voisins. Mais, parfois l’agressivité l’enfant l’apprend au sein même de sa famille (par l’emploi d’expressions vulgaires, d’insultes ou de descriptifs humiliants tels que : « Tu es bête » « Tu es incapable »)

  • Se comporter avec brutalité avec l’enfant, ne pas le laisser réaliser ses propres choix, lui interdire des choses lui tenant particulièrement à cœur : tous ces comportements répressifs accroissent le ressentiment de l’enfant. Ne pouvant blesser ceux qui le privent de certains de ses droits et de ses objets de désir et qui sont à ses yeux, responsables de sont mal, l’enfant cause du tort à ses petits frères et à ses petites sœurs, à ses amis ou à ses voisins. Il se fait également du mal à lui même.
  • L’enfant se sentant inférieur essaie de dépasser ce sentiment en prouvant aux autres qu’il est capable de provoquer l’étonnement et d’attirer les regards sur lui. L’enfant peut se sentir inférieur en raison d’un défaut physique, de la perte d’un sens, d’échecs répétés à l’école ou encore de qualificatifs négatifs attribué par sa famille ou ses enseignants : stupide, paresseux ou méchant. L’idée que se font les gens d’eux-même est souvent imparfaite. Ils croient aisément ce que les autres disent d’eux; qu’il s’agissent de compliments ou de critiques.
  • L’enfant a besoin de formuler ses sentiments et ses besoins en toute liberté. Si un obstacle l’empêche de le faire, il a tendance à faire souffrir les autres afin d’exprimer le mal-être qu’il ressent. L’obstacle principale empêchant l’enfant de s’exprimer librement est souvent l’autoritarisme excessif de certains parents. L’enfant manque d’espace pour s’exprimer librement. Il ne peut rien critiquer. Parfois l’enfant est dans l’impossibilité d’extérioriser ses sentiments en raison du ton désapprobateur de ses enseignants et de ses amis. Il a alors recours à la violence et à la destruction.
  • L’imitation est l’une des raisons de l’agressivité des enfants. Un enfant évoluant dans un environnement dans lequel le père se montre agressif envers la mère, ou les frères entre eux, pense que se comportement belliqueux est normal. Il s’en imprègne. De nombreuses études ont démontré que regarder des films d’horreur ou des scènes dramatiques et violentes à la télévision encourage l’enfant à adopter un comportement violent.

Voici une parole sage. Le prophète Muhammad (paix et bénédiction) a dit : «L’homme fort n’est pas celui qui se bat bien. L’homme fort est celui qui sait dominer sa rage. » ou encore « Aucun d’entre-vous ne devrait juger entre deux personnes lorsqu’il est en colère »

8 conseils utiles pour aider les jeunes

  1. Lancer un dialogue entre les jeunes en classe sur le sujet et les inciter à partager des appréciations positives pour renforcer l’espace de confiance est une façon efficace de faciliter l’apprentissage des compétences nécessaires à un véritable respect mutuel.
  2. Il n’est pas raisonnable de penser que dans ces situations, les enfants puissent se débrouiller seuls. Dans les cas extrêmes, certains jeunes trop longtemps en souffrance, victimes de harcèlement intensif, sont même allés jusqu’à porter atteinte à leur vie, voire celles des autres.
  3. Enseigner les compétences psychosociales d’autodiscipline, de responsabilité, de respect pour soi et pour les autres ainsi que les capacités de résolution de problèmes
  4. La mise en place des Temps d’Echange en classe (TEC) que propose Jane Nelson dans la Discipline positive à pour objectif d’aider chaque élève à développer son sentiment d’appartenance et d’importance au sein de son groupe scolaire, à utiliser son pouvoir de façon constructive. Le simple fait de prendre régulièrement le temps de s’apprécier entre élèves peut faire une différence : il suffit pour s’en convaincre de lire cette phrase laissée par Eric Harris, l’un des auteurs du massacre à l’école Columbine ( Newsweek, 17 juillet 2006) : « Si les gens faisaient un peu attention à moi et me disaient des choses positives, ce que je prépare pourrait encore être évité. » 
  5. Créer un espace de confiance en classe pour enseigner les compétences nécessaires à chacun. Les TEC (appréciations positives ou compliments, recherche de solution) peuvent grandement contribuer à l’apaisement du climat scolaire. Lors de mes interventions en classe, des règles d’or sont élaboré par le groupe et doivent être respecté par les élèves et moi-même. Un exemple de règle d’or : ne pas se moquer,  respecter le temps de parole de chacun, gentillesse, non jugement...
  6. Pour bien se défendre, un jeune doit, en fait, connaître ses armes et se sentir solide. Il doit oser faire savoir de façon claire que l’on peut pas l’importuner. Ainsi ses parents peuvent l’aider à prendre conscience de ses actes naturellement. Nos enfants doivent être clair, et sans hésitations. Il ne s’agit pas d’entraîner nos enfants à être violent, mais il est important qu’il sachent refuser d’être placés en situation de victime. Pour certains, la pratique d’un art martial sera un atout pour se sentir plus fort et gagner en confiance, même s’il est bien rare de devoir en faire usage pour se défendre.
  7. Le jeune se sentant inférieur parle de lui en des termes péjoratifs. Les parents doivent l’aider à changer son discours sur lui-même. Nous pouvons les soutenir en lui apprenant  à répéter des expressions véhiculant des sentiments de confiance en soi, de capacité d’accomplissement et de résistance face aux pressions diverses « Je suis bon, j’ai de nombreuses capacité et je dois réfléchir à la manière d’en profiter » « J’ai échoué cette fois mais je réussirai, finalement, à atteindre mon objectif ». Ce type d’expression positive influe énormément sur la psychologie d’un enfant, surtout si ses parents lui demandent de les expliquer. Si le jeune trouve des difficultés à formuler des expressions mélioratives, les parents peuvent l’aider.
  8. Apprendre à nos enfants à maîtriser leur agressivité : « Tourne ta langue plusieurs fois dans ta bouche quand tu te sens d’humeur chagrine. » « Si avec tes amis le ton monte dans une conversation, baisse la voix et parle lentement, ton interlocuteur en fera vite autant. » « Courage fuit quand tu sens que tu vas agressé tout le monde, enfermes-toi une heure dans ta chambre, allonges toi ou vas faire tes ablutions. » Il faut leur apprendre à prendre un peu de distance (c’est difficile) mais il faut essayer de leur enseigner de donner aux choses leurs justes valeurs.

Que se soit à la maison ou à l’école, que la demande d’aide soit formulée ou non par le jeune, la mobilisation des adultes se doit d’être immédiate dès que le jeune est victime de préjudice, de violence, de harcèlement sur le net, de sextos ou autres situations mettant en jeu sa sécurité émotionnelle ou physique . A l’adulte d’être vigilant et de ne pas minimiser la gravité des enjeux

Quelques astuces pour lutter contre le racket

  • Inviter vos jeunes à faire les trajets à plusieurs entre l’école et votre domicile.
  • Si ils sont seuls, les informer d’éviter les rues désertes et de ne pas hésitez à entrer dans un magasin si ils se sentent suivis, en expliquant ce qui se passe au commerçant.
  • Il faut qu’ils ne transportent pas dans leur sac des choses tentantes : jeux vidéo, bijoux, I-pod, ou grosses sommes d’argent
  • Si vos jeunes sont témoins d’un acte de racket, il faut qu’ils en parles à vous ou à tout autre adulte responsable.

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Je termine par cette magnifique invocation à enseigner à nos enfants avant de sortir de la maison « Ôh Allah, je cherche refuge auprès de Toi pour n’égarer personne ni être égaré; pour n’humilier personne ni être humilié; pour n’opprimer personne ni être opprimé; pour ne maltraiter personne ni être maltraité. »🙏 N’est-elle pas merveilleuse cette invocation?  L’Islam encourage à s’élever et à éviter de causer du tort aux autre. En se rappelant cette invocation, en la comprenant et en la répétant tous les jours au moment de quitter la maison le matin, le jeune se comportera toujours de façon responsable envers lui-même et envers les autres. Il comprendra qu’il a été créé sur terre pour jouer un rôle noble et atteindre des objectifs honorables. Il réfléchira aux conséquences de ses actes et à l’effet de contentement dans sa vie et celle des autres.

Sur ce, bonne réflexion et au plaisir de lire vos expressions en commentaire.

N’hésitez pas à partager cet article avec vos amis parents 🙂 et n’oubliez pas d’aimer 💖 et de l’exprimer à vos enfants 💛💙

Mariama, celle qui vous accompagne dans l’éducation de vos enfants 🌱🌷


Je vous donne rdv samedi 6 janvier si Dieu le veut. Pour plus d’informations rdv à la rubrique Agenda

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Mes écrits sont tirés des livres : « La discipline positive pour les adolescents » et « Adolescents musulmans,guide pratique aux parents. »  » Le dico des filles » plus d’infos à la rubrique Ressource


 

Mariama Ozturk est une femme engagée dans l'éducation de la future génération par l'accompagnement des jeunes filles et la formation des parents et professionnels travaillant avec les jeunes.
Déterminée à inspirer les femmes à entreprendre librement leur éducation, elle partage son savoir-faire et savoir-être sur son blog Ansariya. Vous pouvez également retrouver ses conseils pour les Mumpreneurs sur AKBusiness !

2 commentaires sur “Harcèlement, comprendre pour mieux agir!”

  1. Salem
    J’apprecie cet article pour sensibiliser au harcèlement scolaire.
    Cependant je suis pas daccord avec le passage « vivre sous la honte » / oui si l’enfant est harcelé cest parce qu’il est faible et ne sais pas se défendre. Depuis quand un petit qui se defend (des la premiere agression) est harcelé ? Il se laissera pas faire tout simplement car il a du caractère.

    C’est partout comme ca, on s’attaque toujours au plus faible.

    Ca se voit que Ceux qui ont ecrit sa savent pas de quoi ils parlent… supprimez ce passage pour plus de crédibilité

    1. Walaykum Salam,

      Merci Nayla, de partager avec nous votre point de vue .

      Si j’ai bien compris vous n’êtes pas d’accord avec le passage « Vivre sous la honte ». Ce passage indique-t-il le nombre de fois où l’enfant se fait agressé? Il me semble que ce passage met juste en lumière que le fait de se faire agressé est un phénomène qui touche tous le monde (fille/garçon, plus fort en apparence ou non). Et que le sentiment de honte peux s’installer. À nous parents de ne pas laisser grandir ses sentiments de hontes et de faiblesse et accompagner nos enfants à prendre confiance. Et renforcer l’image qu’ils ont d’eux même. Dieu est plus savant.

      Au plaisir de vous lire

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